PERDUS DANS L’ACTION?

Par le 21 septembre 2015
les2arts

L’automne revenu, après la période estivale où la lenteur a été plus légitime, le farniente plus invitant, les petites actions valorisées et acceptées, la tentation peut être grande de reprendre un rythme plus rapide. Les occasions sont aussi multiples que diversifiées. Dans le tourbillon du retour à l’école des enfants, de la charge de travail qui reprend son cours normal, des activités parascolaires et familiales, des loisirs de groupe, du quotidien, de l’hebdomadaire, où vous retrouvez-vous (dans tous les sens du terme)?

La rigueur et la conscience sont de mise, car vous pourriez être incités à dépasser votre écologie personnelle, tant physique que mentale ou émotionnelle. Vous pourriez même vous perdre dans l’action. Vous perdre dans le sens de vous perdre de vue, et, par le fait même, de perdre de vue vos motivations et besoins réels auxquels vos actions doivent répondre de façon prioritaire. Vous le savez déjà, nos choix et nos actions, comprenez ici nos implications, engagements, bonnes résolutions, rôles sociaux, rôles familiaux, etc., sont guidés par nos besoins et valeurs, mais, la plupart du temps, par autre chose. Cette autre chose est en effet un « melting pot » constitué de ce que l’on croit bon, de ce que l’on pense que l’on devrait faire, par l’urgence de meubler le temps, de se réaliser à tout prix, de suivre le rythme social, de meubler le vide… En fait, toutes les raisons sont bonnes! Mais le sont-elles vraiment? Pour vous, en ce moment, en regard de vos besoins, de vos valeurs, de vos priorités et de vos croyances? Ces raisons sont-elles écologiquement respectueuses, en particulier pour votre rythme?

Comment savoir si vous êtes tout simplement et sainement actif, très actif ou si vous êtes perdus dans l’action? Vous le saurez en écoutant votre réponse interne et en prenant conscience de votre degré de stress et de satisfaction.

Le dépassement de votre écologie personnelle par trop d’actions peut avoir des conséquences sur les différentes facettes de votre intégrité physique, mentale ou émotionnelle, en regard de vos besoins fondamentaux et de vos valeurs.

Attention! Chacune des actions en elle-même peut-être écologique et satisfaisante (voir les articles précédents sur l’action écologique). Par exemple : Je m’inscris à un cours de natation avec mes enfants (besoin de bouger et de passer du temps de qualité avec ma famille, valeurs et besoins), je suis un cours d’espagnol en ligne (nourrir mon mental et servir mon projet de visiter l’Amérique latine, besoins, valeurs et intérêts), je sors tous les jeudis soirs avec mes amies (socialiser, me détendre, être en relation avec des gens, besoins et valeurs), je marche ou cours tous les jours pour prendre l’air et maintenir ma santé physique et psychologique, besoins, valeurs), j’ai accepté une promotion, ce qui augmente mes heures au travail, mais me procure un meilleur revenu, besoin et valeurs).

Chacune de ces actions est écologique, car elle répond à des valeurs et des besoins, plus ou moins consciemment. Par contre, si elles sont en excès, elles représentent un risque de m’éloigner de mon rythme, de mes « limites » et de certains autres besoins fondamentaux tels l’équilibre. Je risque de me perdre de vue, je risque :

  • de me fatiguer physiquement, mentalement ou émotionnellement;
  • de devenir irritable ou frustré;
  • de douter de moi et de mes capacités;
  • d’avoir besoin de contrôler toutes les dimensions, les actions et peut-être même l’environnement qui m’entoure;
  • de développer du stress et de l’anxiété;
  • de sentir une insatisfaction généralisée;
  • de sentir un manque de temps;
  • de développer un malaise si le rythme change ou ralentit;

J’attire votre attention sur le malaise relié au ralentissement du rythme et même sur la diminution de la quantité d’actions. J’ai remarqué dans ma pratique que les gens qui ont tendance à se perdre dans l’action sont ceux qui craignent le plus de sentir « le vide », car l’absence de stimuli et d’action les laisserait sentir les peurs et manques affectifs qu’ils peuvent avoir « avantage » à fuir. J’ai aussi remarqué que d’autres se définissent par leurs actions, leurs rôles, s’y identifiant à un point tel que si ces actions devenaient impossibles, ils ne sauraient plus qui ils sont (dont des bourreaux de travail).

Nul besoin de décortiquer la situation longtemps, fiez-vous à votre radar.
Celui-ci vous permettra de sentir si vous êtes motivés par votre élan naturel, si cette motivation est extérieure et si vous dépassez votre rythme écologique. Et, si à la seule idée de ne rien faire, vous vivez une émotion désagréable, vous avez une belle piste à suivre pour prendre soin de vous, écologiquement et naturellement.

Rappelez-vous, l’action doit vous servir et non l’inverse!

Brigitte Guibord
Consultante, conférencière, formatrice en santé émotionnelle écologique
Experte les2arts

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À propos de Brigitte Guibord

Consultante, conférencière, formatrice en santé émotionnelle écologique / www.brigitteguibord.com